Le spermogramme est le plus souvent le 1er et parfois le seul examen demandé à l’homme dans la recherche d’une étiologie dans l’infertilité d’un couple.

Cet examen à lui seul ne peut être le reflet de la fertilité masculine. Il devrait toujours s’interpréter après un interrogatoire exhaustif (antécédents de chirurgie, de pathologie génitale, exposition aux toxiques, équilibre alimentaire, fertilité antérieure, trouble de l’érection, prise de médicaments…) et un examen clinique (volume testiculaire, varicocèle, gynécomastie…). Ses conditions d’obtention peuvent en modifier les résultats (délai d’abstinence, stress, fièvre…) et l’expérience de l’équipe biologique qui en fait l’interprétation est primordiale. Reflétant la spermatogenèse qui s’effectue en permanence, un nouveau recueil à 3 mois permet de confirmer ou d’infirmer un 1er résultat.

Il doit être prescrit de 1ère intention avec une spermoculture et un spermocytogramme. Lors du 1er examen, le Test de Migration Survie (TMS) n’est pas obligatoire, mais le rendement est un élément clé dans la décision thérapeutique.

Si les normes de l’OMS donnent un cadre strict à l’interprétation (Volume >1.5mL, pH entre 7.2 et 8, Numération >15M /mL, Mobilité progressive >32%, vitalité >58%), le spermocytogramme répond à 2 classifications : celle de David modifiée dont la norme est le nombre de spermatozoïdes typiques supérieur à 20%), et celle de Krüger, plus stricte à 4%. Le pourcentage de forme typique doit toujours être rapporté à la quantité de spermatozoïdes de l’éjaculat. Si les 3 principaux paramètres sont altérés on parlera d’oligoasthénotératospermie (OATS). Mais certains éléments peuvent orienter vers des étiologies précises : une hypospermie vers un obstacle, un pH alcalin vers une anomalie de la prostate, une nécrozoospermie vers une dysthyroïdie, une varicocèle…

En fonction de ces résultats, d’autres examens complémentaires orientés seront prescrits : bilan hormonal, biochimie séminale, échographie testiculaire et des glandes annexes, caryotype…La fragmentation et la décondensation de l’ADN spermatique peuvent dans certains cas compléter des informations sur la fertilité masculine, mais là encore les techniques ne sont pas toutes les mêmes.

Une spermoculture positive se traitera le plus souvent : certains germes à des seuils bas, tel E.Coli qui a des conséquences sur la mobilité et la vitalité, d’autres à des seuils plus haut tels le mycoplasme ou l’uréaplasma. Il ne faut pas négliger une IGAM (infection des glandes annexes males) qui se définie comme une OATS associée à un examen clinique pathologique et/ou autre perturbation du spermogramme.

Enfin, outre la proposition d’une technique d’aide médicale à la procréation, de nouvelles voies thérapeutiques apparaissent et peuvent augmenter les chances de fertilité spontanée : antioxydants dans les fragmentations élevées, citrate de clomifène dans les OATS à FSH normale (hors AMM), entres autres.

Le spermogramme est donc l’examen de 1ère intention indispensable et qui doit être accompagné d’un examen clinique pour ensuite s’orienter vers d’autres examens complémentaires si besoin. Il doit permettre d’avoir une référence sur l’efficacité des traitements médicaux que l’on donne pour augmenter les chances de fertilité naturelle et doit déterminer selon ses seuils après TMS les techniques d’AMP proposées.

Dr Pierre OGER

Institut de Fertilité et Maternité de Parly 2, 78150,  Le Chesnay